22ème dimanche du temps ordinaire

Evangile de Jésus-Christ selon St Luc
Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient.
Jésus dit une parabole aux invités lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places, et il leur dit : « Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire :
‘Cède-lui ta place’ ; E
t, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : ‘Mon ami, avance plus haut’, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi.
 En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »
Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi te rendraient l’invitation
et ce serait pour toi un don en retour.
Au contraire, quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

 

En ce dimanche, méditions ensemble sur l’humilité, cette vertu qui nous rapproche du Christ et qui nous libère de l’orgueil.
Cet orgueil, péché dont il est question dans la première lecture mais aussi dans l’Evangile…

  1. Le péché d’orgueil
    Parmi tous les péchés, l’orgueil est le plus dangereux. Les Pères de l’Église le considéraient comme la racine de tous les autres. Derrière la gourmandise, la luxure, l’avarice, la jalousie, la colère ou la paresse, se cache souvent un amour désordonné de soi-même.
    L’orgueilleux, c’est « le superbe », celui qui se croit au-dessus des autres. Mais à force de vouloir se placer en avant, il finit par éloigner Dieu et les autres de sa vie.
  2. Les deux visages de l’orgueilleux
    Il y a d’abord l’égoïste qui ne pense qu’à lui, même quand il parle des autres. Tout tourne autour de son propre centre. Dans un tel cœur, Dieu n’a plus de place.
    Il y a ensuite l’égoïste qui ne veut rien devoir à personne : il agit seul, sans jamais dire merci, comme si tout venait de lui-même. Sa superbe, c’est de ne pas attendre de Dieu.

Attention pourtant : l’amour de soi n’est pas mauvais.
Se haïr est aussi un péché.
L’humilité n’est pas le dénigrement ou la petitesse, ce n’est pas de se rabaisser sans cesse.
L’indépendance est même une marque de maturité. Mais il faut aller plus loin : « Dieu disperse les superbes et relève les humbles ».
L’estime de soi, pour un chrétien, ne peut avoir qu’un but : servir. Car l’homme ne se trouve vraiment que
dans le don sincère de lui-même.

Vous êtes peut-être un orgueilleux anonyme.
Répondez en vous-même à ces deux questions pour le savoir :
– A qui pensez-vous en premier en vous levant ?
– Quand quelqu’un vous propose de l’aide, votre premier mouvement est-il de la refuser, pour montrer que vous êtes capable tout seul ?

  1. Les signes de l’orgueil
    Comment reconnaître ce péché en nous ?
    Deux signes faciles à voir :
    – vouloir toujours avoir raison,
    – vouloir toujours se mettre en avant.
  2. Les remèdes de l’humilité
    Comment lutter contre l’orgueil ?
    – Accepter une petite humiliation par semaine jour : ne pas répondre, ne pas se justifier, ne pas chercher à avoir le dernier mot.
    – Faire le bien sans être vu, dans le secret.
    – Voir toutes choses comme venant de la main de Dieu, et rediriger nos talents, nos dons, vers leur source.
    – Reconnaître humblement tous ceux qui nous ont aidés à devenir ce que nous sommes : nos parents, nos éducateurs, nos amis, nos frères et sœurs dans la foi.
    – Et enfin, ne jamais se dénigrer : car l’humilité n’est pas le mépris de soi, mais la vérité sur soi.

Frères et sœurs, le Christ lui-même nous a donné l’exemple. Lui, le Fils de Dieu, n’a pas cherché à se mettre en avant. Il s’est abaissé, il s’est fait serviteur. Et c’est pourquoi Dieu l’a élevé au-dessus de tout. Demandons-lui la grâce d’un cœur humble :
un cœur qui ne cherche pas à paraître, mais qui aime et qui sert,
dans la discrétion et dans la joie de Dieu. AMEN

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En ce jour de Pentecôte, Il y avait du monde à Jérusalem…
Normal, de nombreux juifs étaient venus en pèlerinage à Jérusalem pour célébrer cette fête.

Il y avait donc du monde à Jérusalem… Les disciples étaient réunis tous ensemble.
Pour décrire cette expérience unique, Luc convoque des images bibliques bien connues, le feu, le vent. Surtout, il nous dit que les apôtres se mirent à parler en d’autres langues.
Arrêtons-nous sur cela : Parler la langue de l’autre…
Parfois, nous sommes de la même famille, de la même communauté et nous sommes incapables de nous comprendre. 
L’Esprit Saint nous donne de parler la langue de l’autre. Il nous délivre des incompréhensions liées au langage. Quelle Bonne Nouvelle !

Et, le récit de Luc détaille l’origine géographique des pèlerins. Certaines régions sont des points chauds du globe : Turquie, Syrie, Egypte, Libye et j’en passe.
Comment ne pas être touché par l’actualité de ces contrées d’Europe et du Proche Orient ?
Ce pourrait-il que l’Esprit Saint permette à tous les habitants de ces régions de se parler et même de se comprendre ?
Non pas avec une même langue comme à Babel.
Mais que chacun puisse se faire comprendre dans la langue de l’autre.
On imagine les conséquences dans la vie du monde : Une paix durable, une fraternité retrouvée.

Ce migrant trouvera-t-il un crétois parler sa propre langue pour lui permettre d’envisager  un avenir meilleur ?
Ce réfugié syrien pourra t’il dialoguer dans sa langue avec un égyptien pour lui redonner courage ?
De la même manière, dans tous les conflits qu’ils soient entre personnes ou entre états, saurons-nous nous montrer dociles à l’Esprit Saint pour parler la langue de l’autre ?

Tous, nous les entendons parler dans nos langues les merveilles de Dieu.
L’Esprit Saint n’agit pas individuellement. Il souffle sur tous.
Effectivement mais il ne peut être reçu que par chacun.
Si comme le note Luc, certains se moquent et prennent les apôtres pour des ivrognes,
soyons grâce à l’Esprit Saint, frères en humanité de ces pèlerins du monde entier.
Si notre monde manque de quelque chose, c’est surtout de fraternité, de solidarité, d’amour vécu concrètement. Que l’Esprit Saint en ce jour de Pentecôte nous fasse devenir vraiment des frères à l’image du Fils de Dieu fait homme qui s’est fait frère !