Jésus, le Bon Berger

Evangile de Jésus-Christ selon Saint Jean
En vérité, en vérité, je vous le dis : celui qui passe par-dessus le mur du parc à brebis au lieu d’entrer par la porte, c’est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le berger des brebis. Le portier lui ouvre et les brebis reconnaissent sa voix ; il appelle ses brebis chacune par son nom, et il les fait sortir.
Quand il a fait sortir toutes celles qui sont à lui, il marche devant elles et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix.
Si c’est un autre, elles ne vont pas le suivre ; bien mieux, elles s’enfuiront,
parce qu’elles ne connaissent pas la voix de l’étranger.”
Jésus leur donna cette comparaison, mais ils ne comprirent pas ce qu’il voulait leur dire.
Aussi de nouveau Jésus leur dit : “En vérité, en vérité, je vous le dis : je suis la porte des brebis.
Tous ceux qui sont venus sont des voleurs et des bandits, et les brebis ne les ont pas écoutés. Je suis la porte.
Celui qui entrera par moi sera sauvé ; il pourra entrer et sortir, il trouvera sa nourriture. Le voleur ne vient que pour prendre, égorger et détruire, alors que moi je suis venu pour qu’on ait la vie, la vie en plénitude.

 


Le contexte :
Jésus est à Jérusalem depuis quelques jours, il est venu à l’occasion de la fête des Tentes. Il en profite pour dialoguer avec des pharisiens. L’aveugle-né vient d’être guéri et a été chassé par eux. Jésus réagit donc à cet événement révoltant. L’ambiance est lourde. Les pharisiens veulent se débarrasser de Jésus…

Quelle est cette porte ?
Impossible de ne pas penser à la porte étroite qui conduit à la vie. Bon berger, le Christ est venu dans l’enclos qui nous retenait prisonniers et a franchi la porte étroite pour venir partager notre humanité. Sorti le premier, ouvrant la porte de la vie, nous sommes appelés à le suivre vers les pâturages de la liberté. Pas d’autre porte que celle-ci. Toute autre issue est illusoire et ceux qui nous invitent à faire le mur pour l’éviter sont « des voleurs et des bandits ». Une fois sortis de l’enclos de la mort et de nos esclavages, nous sommes invités à y rentrer pour y retrouver ceux que nous aimons. Ce retour vers la détresse de nos frères est un acte éminent de liberté et d’amour, il s’agit de se rendre totalement dépendant de la vie des autres.

Passer par la porte !
Si tu veux entrer dans la bergerie, il te faut passer par la porte. A nous de comprendre que pour aller dans cette bergerie qui symbolise ce lieu protégé, chaud, agréable dans lequel la nourriture est disponible sans effort, il faut passer par Jésus ; Il est la porte de la bergerie. Ceci nous semble évident et pourtant… L’auditoire auquel Jésus s’adresse est pharisien. Autant dire que pour eux, la porte qui mène à Dieu, au Royaume serait plutôt la Loi, la Torah qu’il respecte scrupuleusement. Pour nous aussi, sommes-nous si persuadés que cela de la nécessité absolue du Christ dans notre vie ?  Sommes-nous vraiment sûrs que c’est grâce au Christ que nous pouvons accéder au bonheur, à la vraie joie ?

Reconnaitre la voix du Christ !
Les brebis reconnaissent le berger à sa voix. Pas à de beaux discours, pas à des vêtements extravagants, pas à une démarche particulière. Non, simplement à sa voix. Les brebis la reconnaissent, mais le pasteur d’abord les appelle chacune par son nom. Notons cette proximité entre le berger et chaque brebis.

Pour actualiser…
Pourquoi un tel récit pour ce quatrième dimanche de Pâques ?
Si Jésus s’identifie à la porte, il ne dit rien de  l’identité du berger ou du portier. Plutôt que de rester des brebis dans ce monde, il nous invite à devenir à notre tour berger, à appeler d’autres personnes par leur nom, les appeler à passer par la porte du Christ mort et ressuscité ; plutôt que de vivre dans la crainte du voleur,
il nous invite à nous tenir là où nous sommes envoyés, tels des portiers toujours disponibles, rayonnant de la présence du ressuscité. Car Jésus est venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance.

 


Le mot de la semaine: Berger
Les bergers ne manquent pas dans la Bible. Pour citer les plus connus : Abel, Amos, David ; Déjà dans l’Ancien Testament, Dieu est présenté comme celui qui prend soin de son peuple Israël : Après l’avoir formé et sauvé, Il le conduira par  un chemin difficile vers la Terre Promise et il veillera sur lui constamment, le défendant contre ses ennemis, l’avertissant par ses prophètes et ses juges.
Nous retrouvons toutes ces caractéristiques dans la relation du Seigneur Jésus-Christ avec son Eglise.
Il nous sauve par l’offrande de sa vie, prenant sur lui nos péchés afin de les détruire en mourant sur la croix.
Il nous rassemble pour former son Église, un peuple, un troupeau qui lui appartient, qu’il met à part.