Fête de la CROIX GLORIEUSE

Evangile de Jésus-Christ selon Saint Jean
Nul n’est monté au ciel si ce n’est le Fils de l’Homme qui, lui, est descendu du ciel. Rappelez-vous le serpent que Moïse a fait lever dans le désert ; il faut que le Fils de l’Homme soit élevé de la même manière, et alors quiconque croira en lui aura la vie éternelle.
Oui, comme Dieu a aimé le monde ! Il a donné le Fils unique pour que celui qui croit en lui ait la vie éternelle et n’aille pas à sa perte.
Dieu a envoyé le Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé grâce à lui.


A propos du serpent de bronze !
Cet Evangile évoque l’épisode du serpent de bronze évoqué dans l’Ancien Testament. A l’époque, les hébreux sont la proie de dangereux serpents et ils sont convaincus que Dieu les leur envoie pour les punir de leurs infidélités. Doute mortel qui prend figure de serpents venimeux. A leur demande, Moïse intercède pour eux. Il fait un serpent en bronze et le fixe à une perche. Le mal intérieur, caché, sera « élevé de terre », rendu visible sous la forme d’un serpent de bronze.
Ceux qui avaient été mordus par un serpent pouvaient regarder le serpent de bronze, ils étaient alors sauvés.

Acte de magie ou acte de foi ?
En fait, Moïse suivant les directives de Dieu veut faire comprendre au peuple que les actes de magie sont vains. Ce n’est pas le serpent qui sauve mais bien Dieu.
Jésus reprend alors cette histoire bien connue de ses interlocuteurs et fait un parallèle entre Moïse qui a du utiliser un serpent de bronze élevé de terre pour sauver les hébreux, et le fils de l’Homme, autrement dit lui-même, qui devra lui aussi être élevé de terre par la croix pour que l’humanité soit sauvée.
L’évangéliste Jean voit donc dans le serpent de bronze une préfiguration du Christ crucifié.

Croix Glorieuse !
La conjonction de ces deux mots est pour le moins étonnante ;
Dirions-nous « éclatante guillotine » ?
Le fait que Jésus accepte la croix est un acte d’amour indépassable, plus fort que la mort qu’il accueille. C’est pourquoi la croix ne sera pas pour lui enfouissement dans la terre, mais exaltation, élévation au-dessus de la terre.

Regarder le Christ crucifié, c’est regarder notre méchanceté et l’amour, son contraire, qui la surmonte. Notre mort est comme prise dans la mort du Christ.
Nous pouvons ainsi prendre conscience de notre péché, et de l’amour qui a amené Jésus à s’en faire librement la victime.

Dieu a tant aimé le monde…

Cette dernière phrase de cet Evangile synthétise en quelque sorte l’Esprit du Concile Vatican II dont nous fêtons le 50ème anniversaire.
Pour l’Eglise et donc pour chacun de ses membres, il s’agit de se mettre non pas dans une posture de jugement, regardant de haut les personnes mais dans une posture d’accueil et de  dialogue. Cela ne relativise pas les exigences de notre foi. Cela met les choses dans un ordre plus juste, plus conforme à l’Evangile. Ne faisons pas ce que Dieu n’a pas voulu faire en son Fils !

Aimer le monde, ce n’est pas dire que tout ce qui s’y vit est bon.
Il n’y a pas de naïveté dans ces paroles.
Aimer le monde, c’est s’en sentir proche, c’est prier et travailler pour que celui-ci ressemble à ce que Dieu veut en faire.
Aimer le monde, c’est collaborer au salut que Dieu nous donne.
Aimer le monde, c’est agir dans et pour ce monde avant d’être un sentiment.

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Le mot de la semaine : La croix

Jésus ne profite pas des privilèges accordés aux condamnés romains. Mourir sur la croix, c’est subir un châtiment qui nie la dignité d’être humain. Bref, la croix, c’est l’expression de la barbarie humaine mais, il y a plus important. Cela a été résumé par un père de l’Eglise appelé Athanase d’Alexandrie qui disait : « Le Christ est ressuscité sur la croix ». Ceci pour dire que la croix est inséparablement symbole de mort et de vie. Ainsi, la croix porte deux réalités contradictoires, la mort, le péché de l’homme et la résurrection du Christ. Cette croix n’est pas extérieure à nous, nous sommes des crucifiés, écartelés entre le bien et le mal. Le Christ nous rappelle par sa résurrection que la victoire est certaine, cela ne nous exempte pas de lutter, de combattre contre le mal.