Evangile de Jésus-Christ selon Saint Luc :
Comme une foule nombreuse faisait route avec Jésus, il se tourna vers eux pour leur dire :
“Si quelqu’un vient à moi sans se détacher de son père, de sa mère, de sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs,
et même de sa propre personne, il ne peut pas être mon disciple.
Celui qui ne marche pas à ma suite en portant sa croix ne peut pas être mon disciple.
Si l’un d’entre vous pense à se bâtir une tour, ne va-t-il pas d’abord s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il ira jusqu’au bout ? Car s’il pose les fondations et n’est pas capable de terminer, tous ceux qui le verront se moqueront de lui : ‘Il a commencé à bâtir et il n’a pas été capable de terminer !’
Si un roi part en guerre contre un autre roi, ne va-t-il pas d’abord s’asseoir et voir s’il peut avec 10 000 hommes affronter l’autre qui en amène 20 000 contre lui.
Sinon, quand l’autre est encore loin, il envoie une ambassade pour parler de paix.
C’est pareil pour vous : si on ne renonce pas à tous ses biens, on ne peut être mon disciple.”
Le contexte :
Dans ce passage, Jésus s’adresse à ceux qui, après s’être enthousiasmés pour lui et avoir abandonné leurs ambitions pour se consacrer à l’Évangile, reviennent en arrière, à une vie plus “pépère”. Jésus va les remettre face à la radicalité de l’Evangile !
Pour nous la faire comprendre, Jésus nous appelle à trois attitudes particulières :
Se détacher de ses proches et de soi-même
Jésus ne nous demande pas de ne plus aimer nos parents, notre famille, nos proches mais de nous en détacher.
Comment comprendre cela ?
Le détachement d’un enfant d’avec sa mère lui permet de vivre pleinement. Cela coûte, il faut couper le cordon mais c’est à ce prix que la vie est possible. De la même manière, pour vivre de la vie même de Dieu, Jésus nous appelle avec force à nous détacher de notre entourage proche. C’est la seule condition pour devenir pleinement disciple. Cette prise de distance permettra d’ailleurs de les aimer mieux.
Prendre sa croix
Sans la volonté de se dépouiller totalement, notre ambition de servir Dieu, de collaborer à l’avènement de son Royaume, de réussir vraiment notre vie est vouée à l’échec. Si nous ne sommes pas connectés au Christ crucifié, donnant sa vie par amour, nous ne serons jamais des disciples authentiques. Mourir à soi-même peut prendre des formes variées, en faisant par exemple taire notre manière de voir immédiate, spontanée, pour laisser à l’autre l’espace qui lui est nécessaire pour vivre
Prendre du recul
Jésus dit enfin de ne pas se laisser entraîner dans une direction, si on n’a pas pris le recul suffisant pour voir si on a les moyens d’aller jusqu’au bout. Attention, cet avertissement de bon sens n’a rien de raisonnable : Pour Jésus, la sagesse, le bon plan, c’est de tout perdre !
Prendre du recul, c’est saisir que « tout ce qui n’est pas donné est perdu ». Et par conséquent, le bon plan consiste à renoncer à ses biens, à tout donner ! Rien à voir avec la lâcheté ou de la paresse.
Pour nous aujourd’hui…
Il nous faut accepter l’inversion totale des valeurs. Perdre des choses pour gagner sa vie. Tout donner pour recevoir encore davantage. Cela semble impossible et pourtant combien de disciples depuis 2000 ans ont marché à la suite de Jésus ? Telle est la voie étroite et exaltante qui nous est proposée. Nous en sommes capables puisque le Christ nous le demande.
